On est partis 3 semaines sans notre fils !!

Avant de rentrer dans le vif du sujet du voyage, voici un petit retour d’expérience sur notre choix de ne pas emmener notre fils avec nous, car c’est une question qui a suscité pas mal d’interrogations autour de nous.

Nous brulerons surement en enfer pour ça mais bon, en enfer il fait chaud et vu qu’on entre dans l’hiver…bref !

Nous voulons surtout que les parents dans la même situation puissent y trouver des éléments de réflexion.

La problématique

En janvier 2014, entre projets personnels et professionnels, une lucarne se dessine pour retourner au Japon : l’automne et ses érables flamboyants.

A cette époque, Alexandre, notre fils, vient d’avoir 9 mois et se pose la question de savoir si nous l’emmenons avec nous au pays du soleil levant. Il en aura 19 au moment du voyage.

Le choix est difficile et comme souvent en pareille occasion, nous recherchons des avis ou témoignages sur le net. Ce genre d’entreprise se termine généralement sur les forums de Doctissimo qui vous convainquent que quoi qu’il vous arrive, c’est très grave.

Nous lisons donc des kilomètres de posts de mamans (surtout) totalement horrifiées à la seule pensée de s’éloigner plus de 2 jours de leur 8ème merveille du monde, qu’il est égoïste de partir sans son enfant, que quand on est une famille le reste « n’existe plus ou beaucoup moins ».

Nous trouvons un seul avis contraire, qui tente de remonter les rapides en sens inverse, d’une mère (internée depuis, sans aucun doute) qui explique qu’elle est partie 2 semaines sans junior et que tout s’est très bien passé.

Cool, ca fait un avis pour, c’est déjà ça. Mais elle est partie 2 semaines et nous, nous projettons 3…

Inutile d’en parler autour de nous sous peine de reprendre une couche de principe, non de précaution mais d’ultra protection : Quand on a un enfant en bas âge, il ne faut rien faire, il faut le surprotéger, on n’imagine pas le traumatisme des années plus tard quand il loupera son bac à cause de l’absence de ses parents partis s’éclater au Japon, sans compter les radiations de Fukushima, bla, bla, bla…

Oh et puis (merde) zut, nous allons faire comme nous avons fait pendant la grossesse de Madame, nous allons arrêter de lire / écouter les avis des autres qui savent mieux que vous ce qu’il faut faire avec votre enfant et nous allons juger sur pièce.

Et puis c’est très joli tous ces avis, mais ils ne reflètent pas du tout notre état d’esprit. Avant d’avoir Alex, c’était free-style à deux, avec souvent des plans restos ou ciné de dernière minute (ce que à quoi précisément ceux qui déclarent ne pas vouloir d’enfants ne veulent pas renoncer). Alors, depuis qu’il est là, notre philosophie de longévité organise une journée de 24h selon la répartition suivante : Le boulot (obligé), la vie de famille (pour grande partie), la vie de couple et sa propre vie perso.

Pour décider, comme bien souvent, la feuille à double entrée à fait office :

Les pour :

  • Le Japon avec un enfant, tout le monde dit que c’est faisable, que les enfants sont très bien accueillis là-bas et qu’il faut s’attendre à des tonnes de « kawaiiiiiii !!! ». Avec les yeux clairs d’Alex, la pêche à la japonaise s’annonçait plutôt bonne.
  • Il va vivre aussi l’expérience à sa façon. Autant le dire tout de suite : la grande théorie selon laquelle il est inutile d’emmener un jeune enfant en voyage car il s’en souviendra pas n’est pas la nôtre. S’il parait évident qu’il lui sera difficile d’en garder des souvenirs, nous sommes par contre totalement convaincus que lui faire respirer un autre air, entendre une autre langue, voir des choses qu’on trouve pas ici et  gouter de nouvelles saveurs contribuent à son éveil.
  • Ce sera un voyage de famille et rien que le fait qu’on soit ensemble, c’est cool

Les contre :

  • Pour aller au Japon, il faut se pastiller au minimum 12h en vol direct (nos vols ont duré respectivement 14h00 à l’aller et 18h au retour). Or, même à 9 mois, Alex montrait un intérêt évident pour son environnement. Le maintenir en place était déjà difficile. Tendance confirmée, à 18 mois, 12h d’avion pour lui, ça aurait été 11h45 de trop.
  • Nous prévoyons un programme de brutes : De Tokyo à Kumamoto, avec des levers programmés le plus souvent à 5h du matin. Trop compliqué à gérer avec un petit qui fait encore 2 siestes par jour. Sans compter le lourd matériel photo auquel il faudra ajouter le nécessaire bébé et prévoir de quoi le transporter lors des locations de voiture.
  • Alex, il bouge beaucoup mais il est surtout super indépendant. Il n’avait pas 1 semaine qu’on sortait déjà avec lui. Depuis tout petit, c’est le contre-exemple de l’enfant bernique : il voit ses grand parents, les amis, d’autres enfants et il nous a toujours étonné par sa capacité d’adaptation et d’interaction avec ses semblables. Ce n’est pas un bélier (son signe), c’est un bulldozer. Nous nous sommes dit qu’il n’aurait pas de problème à rester ici.

Donc nous avons tranché : ça sera un road trip à 2 (très fatiguant) et Alex restera en France (ce qui rassurera la famille en plus)

Nous n’avons pas spécialement crié la nouvelle sur tous les toits : à chaque fois qu’on nous demandait s’il venait avec nous, la réponse négative engendrait des réponses polies mais il ne fallait pas être un spécialiste du non-verbal pour voir que cela dérangeait.

A la réflexion, quand Madame débarquait à 8 mois et demi de grossesse dans la salle de sport, ça dérangeait aussi…………alors un peu plus un peu moins….

Comment ça s’est passé

  1. Nous avons d’abord briefé Alex très tôt : plusieurs mois à l’avance, on le prévient que Papa et Maman vont partir avec un avion à l’autre bout de la Terre, que nous lui ferons coucou dans l’ordinateur et qu’il va beaucoup s’amuser avec ses grands-parents. Plus l’échéance approchait, plus nous lui répétions (1 fois par semaine max, ce n’était pas du calibrage mental non plus). Nous avions déjà testé la petite séparation en le laissant quelques temps chez les grands-parents et lors de notre week-end prolongé à Prague (4 jours),
  1. Nous avons équipé les grands parents de Webcams et nous nous sommes assurés de leur maitrise minimum de Skype. Alex fera 10 jours chez les uns en restant la journée chez la nounou pour pas le dépayser, 10 jours chez les autres avec ses cousins,
  1. Le jour du départ, ça fait drôle, il ne faut pas le nier. On se dit qu’on va partir sans lui et limite, on freine un peu. C’est tout à fait normal et une chose est sure, c’est plus dur pour les parents que pour l’enfant. Pourtant, aucune effusion exagérée à son égard, il part chez sa nounou comme d’habitude, nous le prévenons que c’est sa grand-mère qui viendra le chercher le soir,
  1. Arrivés sur place, nous « skypons » avec lui en moyenne tous les 3 jours avec l’interrogation de savoir comment il va avaler ça au début. A chaque fois c’est pareil, il est content de nous voir, nous « discutons » avec lui 5 minutes environ et puis zoup, Monsieur est très occupé, il nous balance un « AWAAR !!! (au revoir) » et disparait de l’écran pour aller cavaler après le chat de mamie.
  1. Le jour du retour, nous débarquons chez les grands-parents alors que cela fait 24h que nous sommes debout -_@. Alex est super content de nous voir mais pas tellement plus que quand on vient le chercher le soir. A l’évidence, les 3 semaines, il ne les a pas vus passer !! De notre côté, nous ne sur-jouons pas non plus les retrouvailles (Moooonnn fiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiils !!!) pour pas lui faire sentir que c’était une  séparation relativement longue.

Depuis le retour

Depuis le retour, Alex est comme avant. Ou plutôt non, il est comme avant avec 1 cm de cheveux en plus et  il a appris un mot magique « NON ! », qu’il nous sert à toutes les sauces.

Pas de pleurs, pas de bouderies de représailles et pas de sangsue non plus. On nous promettait qu’il serait scotché à nous après le retour : pas du tout ! Il continue de faire sa vie et à éprouver la résistance de tous les objets qui croisent sa route. A notre avis, dans 2 ans, il nous annonce qu’il veut son propre appart !

Conclusion

Nous sommes partis sans lui et ça s’est super bien passé. Bien sur, il nous a manqué, mais pas au point de nous faire passer à côté de ce qu’on vivait. Alors oui, on peut se séparer de son enfant quelques temps pour des vacances, mais c’est fonction de certains paramètres propres à chacun. Pour nous, tous a été rendu possible en premier lieu parce qu’Alex a le caractère qu’il a et que nous pensions qu’il ne serait pas déboussolé. C’est donc lui qui a permis de faire ce voyage à deux.

Finalement, c’est peut-être sur nous que cela a eu le plus d’effet car au Japon, notre œil était souvent attiré par les familles japonaises qui se baladaient avec leur petits (d’ailleurs, des mômes, y’en a plein au Japon et c’était le moment du Shichi-Go-San !!) et nous nous sommes dit que la prochaine fois, il n’y aura pas 25 kgs d’appareils photos, ni de Shinkansen à attraper à 6h du matin. La prochaine fois, ce sera avec lui (même s’il nous retourne intégralement l’avion) !

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Une réflexion sur “On est partis 3 semaines sans notre fils !!

  1. Je découvre ton blog et je me régale !
    Quand les enfants étaient petits et qu’on voyageait sans eux, j’avais droit aux mêmes réactions….
    On part en octobre en famille (13 et 6 ans) et maintenant je me confronte à la réaction inverse « Quoi ?? Vous allez au Japon avec vos enfants ?? » avec des yeux éberlués 😀 :p

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