JOUR 12 – VALLEE D’IYA – 祖谷渓谷

« ♪Dans la vallée ho-ho ♫, d’IiiiYA, lalilala, ♫ dans la vallée, ho-ho, j’ai cru entendr……… ♫»

NON ET NON ! Dans la vallée d’Iya, on n’entend rien ! Et pour cause !

Avant de raconter le fin fond du Japon, nous allons expliquer pourquoi nous avons choisi cette destination.

La vallée d’Iya, c’est peut être la première chose qu’on a couché sur notre feuille blanche, quand nous avons commencé à préparer le programme.

Tout est parti d’un bout de reportage à la TV dans lequel on expliquait qu’un écrivain américain du nom d’Alex KERR avait « découvert » le site dans les années 1970, en était tombé amoureux et avait repris une vieille bicoque qu’il avait retapée, la Chiiori. http://www.chiiori.org/

Une jolie histoire mais surtout les paysages montrés étaient absolument sublimes : des montagnes, des gorges encaissées, une eau verte magnifique et surtout un sentiment d’authenticité.

Alors BINGO !

Inutile de dire que cela devait être un des points d’orgue du voyage et nous n’avons franchement pas été déçus. C’est pourquoi ce billet sera plus long que les autres !

La vallée d’Iya est située dans la préfecture de Tokushima et on peut la traverser d’EST en OUEST ou l’inverse, selon de quel côté on arrive.

en_top_mapPour en profiter, une seule solution : la voiture. Car si une ligne JR à flanc de montagne vous amène à la station d’Oboke, ensuite vous n’irez pas beaucoup plus loin.

La vallée d’Iya se parcourt sur une route principale correcte mais dès que vous vous voulez vous diriger vers des sites en hauteur, c’est parti pour les petits sentiers caillouteux et étroits. Inutile donc de réserver un Landcruiser, notre Nissan Note a largement tenu la route.

La préparation de cette journée (et demi) a été assez longue car il s’agissait d’une destination en dehors de tout sentier battu et c’est ce qui faisait tout son attrait.

Nous partons donc tôt d’Okayama pour nous diriger vers le Sud. Nous empruntons le fameux Seto-O-Hashi que nous avons loupé la veille. Même si parcourir le tablier inférieur ne donne pas le même panorama que celui que nous voulions, cela reste quand même impressionnant mais trop rapide pour faire la moindre photo potable.

Nous arrivons sur l’ile de Shikoku et plus précisément à Marugame, juste à temps pour prendre possession de notre voiture de location quasi-neuve, dans une agence BUDGET RENTAL.

Une fois la paperasse réglée et notre GPS calé, grâce au numéro de téléphone, sur notre première halte, c’est parti sur les agréables routes japonaises.

En 20min, nous sortons de la ville et nous descendons vers la fameuse vallée, côté OUEST.

Nous faisons une première halte sur le bas-côté alors que la route 32 et certaines habitations sont déjà à flanc de falaise.

Il suffit que le soleil perce derrière les nuages pour inonder la gorge et dévoiler le spectacle.

Nous en prenons tout de suite et pour ainsi dire, plein notre bouille !

En farfouillant un peu le long de la route, nous découvrons un escalier qui semble mener vers nulle part. En fait, en regardant bien, un semblant de chemin, à l’aide de cordes, chaînes, voir tuyaux en fonte a été tracé pour arriver au niveau du lit de la rivière.

Pendant que Madame reste en haut, au cas où, Monsieur tente, sans succès, de se casser le cou en descendant par ce chemin improvisé, qui le conduit une bonne trentaine de mètres plus bas.

L’eau est magnifique, les montagnes multicolores et les roches blanches. Tout est propre, tout respire le vrai, le préservé.

Nous reprenons la route pour arriver à un magasin / hôtel / centre d’activités qui propose des tours en bateau sur la rivière.

S’il n’y a aucun touriste étranger, par contre, c’est bourré de japonais du troisième âge. La balade est sympathique car elle permet d’admirer de plus près la transparence de l’eau et les nombreux poissons qui s’y trouvent.

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Seul hic : impossible de comprendre les explications et surtout, on embarque dans le bateau sans chaussures et nous restons en seiza (http://www.skkifwatford.co.uk/Techniques%20%28500%29/Seiza.JPG) pendant TOUTE l’excursion. Autant dire qu’il ne reste plus une goutte de sang dans nos jambes européennes en sortant et que nous nous fondons à merveille dans la masse des petits vieux qui avancent comme des escargots…

Étant donné que le seul restaurant est pris d’assaut, nous partons directement pour la « vraie » vallée. Nous quittons la route 32 et nous voilà sur des chemins plus « intimistes ».

Notre objectif est d’arriver au pont Kazurabashi.

En effet, dans la vallée d’Iya, il existe de vieux ponts de lianes qui servaient à faire passer autrefois diverses choses (dont des hommes) d’un côté à l’autre des berges.

Il y en a deux notables mais étant un peu éloignés l’un de l’autre, nous avons seulement été au pont Iya Kazurabashi, en laissant les Ponts Oku-Iya Kazurabashi, situés 50 min plus loin.

Nous arrivons sur un très grand parking ce qui fait tout drôle : espérant trouver un petit coin intimiste, en fait l’attraction locale est bien rodée.

Le pont en question mesure 45 mètres de long pour 2 mètres de large, à 14 mètres au-dessus de l’eau.

Il y a un peu de monde et nous remarquons que beaucoup de personnes semblent galèrer pour le traverser ; voire même refusent de l’emprunter…

Après avoir pris nos billets, nous comprenons pourquoi cela ne prêtait pas vraiment à la rigolade.

Le pont étant fait de lianes, ça bouge. Ça bouge même beaucoup quand plusieurs personnes sont dessus. Par-dessus le marché, le tablier est composé de lattes de bois assez espacées. En gros, en faisant un bon 43 de pointure, votre talon et le bout de vos orteils seront chacun sur une latte différente mais le reste de votre pied sera dans le vide. Donc ceux qui espèrent traverser le pont une perche de selfie à la main en regardant le paysage, faut vite oublier. Car en plus, ça peut glisser.

_DSC4975Passés de l’autre côté, nous profitons de la jolie cascade de Biwa juste derrière, pour faire quelques photos.

Retour vers la voiture mais en passant, nous tombons sur un stand de brochettes de poisson et de poulet.

Par gourmandise puisque le repas est déjà avalé (soba d’iya au sarrazin), nous tentons la brochette au poulet qui nous envoie immédiatement une violente avoinée dans les papilles. Jamais, nous n’avons mangé un bout de volaille assaisonné et cuit de cette manière. Tu resteras à jamais gravée dans nos cœurs (et notre mémoire gastrique), brochette de la vallée d’Iya !

La journée est déjà assez avancée et nous avions prévu de profiter à fond de notre chambre d’hôtel (vous allez comprendre pourquoi), donc nous décidons de faire une dernière visite.

Il existe, comme pour celle d’Alex Kerr, de nombreuses vieilles maisons traditionnelles, pour certaines de Samourais, qui peuvent être visitées.

Nous optons pour la Kimura House qui se trouve non loin. Du moins, c’est ce que nous pensons car plus nous grimpons et plus la route ne ressemble plus à une route mais à une espèce de voie lugubre vers le Mordor.

Nous arrivons même à nous paumer mais une mémé locale, sur le perron de sa porte et pas tant étonnée que ça de voir des Gaijin, nous indique la route.

Nous trouvons enfin. Après avoir ôté les chaussures, nous entrons dans la maison déserte pour découvrir un intérieur comme il s’en faisait autrefois, avec un âtre au milieu de la pièce.

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Bien vite, la propriétaire des lieux arrive, nous propose du thé vert et un mochi et nous indique que chaque visiteur doit s’acquitter d’une somme modeste contre laquelle il peut rester tout le temps qu’il souhaite, voire dormir sur place.

Elle nous explique l’histoire de la maison et le fonctionnement de l’âtre, notamment la corde et le poisson qui permettent de régler la hauteur de la bouilloire.

Enfin, avant de nous laisser, elle nous fait goûter des graines de Ginkgo (appelées Ginnan) qui poussent dans le jardin. A l’extérieur, on dirait des pistaches et à l’intérieur, un petit raisin blanc ferme. L’hôtesse les cuit dans un petit poêlon dans l’âtre et nous les propose à rouler dans le sel.

Là, tous seuls dans cette vieille maison, « perdus » dans un coin reculé du Japon, le temps s’arrête…..pas besoin d’avoir envie de méditer, on oublie tout naturellement. Rarement il nous a été donné l’occasion d’être dans un lieu aussi ressourçant…

C’est tellement agréable que nous oublions qu’il faut reprendre notre route sinueuse pour rejoindre l’hôtel. Nous ressortons de la maison alors que la vallée s’enrobe progressivement de nuages et que la lumière décroit.

Alors l’hébergement justement…

Nous n’en n’avons pas encore parlé car les options sont très réduites.

Dans Iya, soit vous campez (un camping est disponible), soit vous dormez dans une maison traditionnelle pour une somme raisonnable et un confort plutôt spartiate (mais authentique), soit vous vous prenez une chambre dans un des deux Ryokan de luxe de la partie Ouest.

Nous avons choisi le Ryokan et comme nous nous sommes dit que nous ne viendrions pas souvent ici, nous avons craqué notre slip pour la plus belle chambre du NANOYADO-ONSEN (ou en plus court IYA-ONSEN).

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http://www.iyaonsen.co.jp/english/

(le second Ryokan est le KAZURABASHI HOTEL, proche du pont, qui a l’air de déboiter tout aussi sévèrement) : http://www.kazurabashi.co.jp/

La nuit sur place a fait très mal au porte-monnaie mais nous avons pu toucher à l’excellence de l’excellence.

Notre chambre est gigantesque, d’un seul bloc mais compartimentée avec des cloisons. Il y une pièce principale avec table basse et tout ce qu’il faut pour une collation, une pièce de détente avec un fauteuil massant et mini-bar rempli à ras-bord, une chambre à coucher avec deux lits doubles européens excellents, une salle de bain moderne et une terrasse extérieure avec une baignoire d’été.

Autant dire que cela brille sévère dans nos petits n’oeils !

sparkle-eyeNous prenons nos quartiers royaux et après avoir un peu profité des équipements, nous nous dirigeons en yukata vers le bain…..

Au NANOYADO-ONSEN, il y a deux bains.

Le premier est un bain intérieur très beau, propre mais « normal », se trouvant au niveau -1. On peut l’utiliser assez largement en termes d’horaires.

Et puis………..il y a l’autre….

Pour situer, l’hôtel a été construit à flanc de falaise, en haut. C’est-à-dire que des pilotis le soutiennent pour ne pas basculer en bas. Quand on arrive par la route, on voit bien qu’il s’avance dans le vide.

Car en bas, tout en bas, à pic, il y a la rivière.

ET LE DEUXIÈME BAIN, IL EST LÀ !

Pour s’y rendre, on emprunte le mini-funiculaire privé de l’hôtel qui vous descend presque en vertical dans le lit de la rivière. Vous connaissez la pente du Thunder Dolphin à Tokyo ou encore le décor penché d’Arthur dans son émission « Vendredi, tout est permis » ? De la rigolade face à ce funiculaire !

Bon, ça roule pépère mais c’est quand super impressionnant.

En bas, un coin filles et un coin garçons pour arriver dans des bains avec vue directe sur la rivière. L’eau est surchargée en souffre donc l’odeur est forte mais on s’y habitue très vite, d’autant qu’elle est modérément chaude.

Et là, pour une énième fois dans la journée mais de manière différente, c’est la pure extase…

Nous remontons dans la chambre pour nous rendre au dîner traditionnel tout en saveurs et en délicatesse qui nous attend.

Nous profitons encore de la chambre avant de nous coucher, mais avec la ferme intention de nous lever suffisamment tôt pour profiter encore du bain demain matin, avant de partir.

Voilà, bravo si vous êtes venus à bout de ce billet et s’il ne vous a pas donné l’envie de découvrir Iya, nous voulons bien entrer dans les ordres…..(hmmm..non, faut pas exagérer non plus !)

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